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2006
Monsieur Clément et la peine de mort
par , le jeudi 12 octobre 2006 à 23:30 :: Humeurs :: #9 :: rss
En lisant les débats de 1981 préparant le vote de la loi supprimant la peine de mort de notre arsenal répressif, quelle ne fut pas mon étonnement de lire le nom du député Pascal Clément parmi les farouches adversaires de l'abolition, énonçant alors que la société avait le droit de donner la mort pour se défendre.
Or c'est bien ce même sieur qui, à peine nommé Garde des Sceaux, appelait de ses vœux la promulgation d'une loi dont il reconnaissait lui-même l'anticonstitutionnalité, ce brillant lauréat du prix Busiris, ce non-défenseur de magistrats violemment pris à partie par son collègue de la rue des Saussaies qui sévit encore place Vendôme en cette année où l'on fête les vingt-cinq ans de cette abolition qu'il a si farouchement tenté d'empêcher. Le pauvre homme en souffre certainement beaucoup.
Ainsi la présence de Monsieur Clément à la Chancellerie a-t-elle un côté mauvais homme au mauvais endroit au mauvais moment qui doit peut-être plus à des amitiés particulières qu'à la volonté de notre actuel Président de la République lequel vota quant à lui la loi du 9 octobre 1981. C'est un peu dommage pour nous comme pour lui : américain, Monsieur Clément eut fait un excellent Gouverneur du Texas qui exhiberait fièrement ses refus de grâce afin de se faire réélire en triomphe. Au lieu de quoi, vingt cinq ans après, Monsieur Clément regarde encore Badinter gagner.
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